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Cabinet de
Psychothérapie
Pauline DAVICO

Retour à soi et rapport au temps

Parfois on se réveille et machinalement on part à ses occupations. On réalise alors qu’on voit les choses en noir, qu’on est envahit par un espèce de voile opaque devant notre esprit, comme si notre vision intérieure était teintée de négativité et que cela rejaillissait sur notre vision extérieure. Le monde nous semble alors sombre, froid et insipide. En réalité, à ce moment là nous ne sommes pas vraiment connecté à nous-même. C’est notre tête (alias notre mental), qui prend le lead et qui nous guide dans nos actions. Mécaniquement nous suivons notre fil conducteur et nous vivons notre journée avec ce voile de négativité tout autour de nous.

Lorsqu’on s’en rend compte, nous avons alors un choix qui s’offre à nous. Nous pouvons continuer notre journée ainsi ou nous pouvons prendre un temps de pause, un temps pour se reconnecter à soi, à son corps.
Pour moi, cela passe généralement par me mettre une musique et me laisser porter en laissant mon corps s’exprimer librement dans une danse improvisée et non contrôlée. Le laisser exprimer ce dont il a besoin par le mouvement. Surtout pas de chorégraphie. Juste être dans le ressenti. le regard tourné vers l’intérieur. Sentir que ce mouvement est bon pour mon homéostasie interne, que cet autre mouvement vient libérer une émotion bloquée dans telle partie de mon corps ou dans tel organe. Ou encore que ce dernier geste vient réactiver ma joie profonde et remettre de l’énergie et de la vie en circulation dans chacune de mes cellules.

Respirer. Inspirer, expirer, inspirer, exprirer… Sentir le souffle à l’intérieur de soi. Sentir le corps se remplir à chaque inspiration. Sans attente. Juste en accueillant ce qui vient dans l’instant. Une inspiration peut nous remplir de vie, de bien être, de joie, d’amour, de confiance, de lumière… l’inspiration suivante peut continuer à nous remplir du même elixir, tout comme elle peut nous apporter quelque chose de totalement différent ! Accueillir. Sans attente.
Et sentir le corps expulser tout ce qui entrave notre énergie à chaque expiration. Laisser partir cette peur qui nous paralyse, cette idée noire qui tourne en boucle, cette tristesse, cette douleur… Là encore sans attente. laisser faire. Juste avec ce qui est présent dans l’instant. Simplement avec conscience et détachement. Laisser faire. Laisser être.

Ce matin, après cette pratique d’ancrage et de retour à moi, j’ai eu la sensation qu’une tristesse de fond persistait en moi. J’ai accueilli. j’ai observé. J’ai marché dans la nature. Et tout à coup j’ai réalisé que j’étais fatiguée. En fait je n’étais pas triste mais juste exténuée de fatigue ! Ça alors j’ai tout confondu. Je me rend compte que nous confondons souvent un état ou un sentiment avec un autre. Et cela me ramène à l’importance de prendre ces temps de retour à soi, de retour au corps, le plus souvent possible. Quelle clarté et meilleure connaissance de nous cela nous apporte !

Et puis ce matin encore, j’ai senti un blocage à l’idée de m’accorder un moment pour dormir. C’est bizarre parce que j’avais le temps aujourd’hui… Le temps, c’est lui qui me bloquait ! J’avais l’impression que si je dormais c’était une perte de temps. En réalité nous passons notre vie à être dans le faire. On nous apprend à faire en permanence depuis que nous sommes tout petit. Mais finalement, pourquoi devrions-nous constamment être dans l’action ?  Et je ne parle pas uniquement de travailler ou d’effectuer nos « tâches » quotidiennes. Parce que lire, dessiner, danser, discuter… tout cela reste de l’ordre du « faire ».
Pourquoi ne pourrions-nous pas, par moment juste nous poser et ne rien faire ? Contempler un paysage, sentir notre souffle, rêvasser, dormir…
Je crois qu’apprendre à ne rien faire de temps en temps nous serait bénéfique.

Interrogeons- nous sur notre rapport au temps et nos croyances autour de cette notion.
Par exemple, lorsqu’une situation vous stresse regardez si c’est vraiment la situation en elle-même qui est stressante pour vous ou si c’est la peur de ne pas finir « à temps » . Observez s’il n’y a pas un rapport avec le temps.
Réfléchissez, si vous faites abstraction de la contrainte temporelle et de la pression qui s’y rattache, est-ce que cela ne change pas totalement votre manière d’aborder cette même situation ? Et la façon dont vous ressentez les choses ?

Prenons du recul, soufflons un bon coup et soyons plus doux avec nous-même. Autorisons-nous simplement à être avant de faire !

Avec authenticité.
Pauline

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