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Cabinet de
Psychothérapie
Pauline DAVICO

Les secrets et les non-dits... quand la vérité et les mots mènent à la résilience

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Pourquoi il est important de raconter ?

Les secrets et les non-dits sont souvent présents dans les histoires et les lignées de chacun d’entre nous.
Cela peut aller de la simple non expression de quelque chose qui parait tacite à l’énorme secret des générations auparavant. Avec toute une palette au milieu !

Il faut savoir que ces non-dits ont souvent un impact conséquent. Ils s’insinuent de manière vicieuse dans toutes nos cellules. Ce n’est pas uniquement notre système émotionnel qui est parasité mais c’est tout notre système biologique qui est impacté, d’autant plus si le secret est transmis depuis plusieurs générations… parce que oui si personne n’a « travaillé » sur soi et/ou sur sa psychogénéalogie avant nous, on hérite du secret et celui-ci nous impacte sans même qu’on le sache.

Cela peut se traduire par des peurs viscérales totalement irrationnelles, par des comportements d’auto-sabotage dans certains domaines de nos vies, par certains comportements, par des maladies, par des tempéraments dépressifs, agressifs… et que sais-je encore.

 

Alors que cela pourrait être tellement simple.
Raconter.
Dire les choses.
Rien de plus.

Raconter à un nouveau-né l’histoire de son papy pour qui on a eu très peur parce qu’il a failli mourir quand il était dans le ventre de sa maman depuis 3 mois.

Expliquer à un petit garçon de 4 ans que sa maman et son papa ne s’aiment plus mais qu’ils l’aiment tous les 2 très fort et que, même s’ils n’habitent plus ensemble tous les 3, ça ne changera jamais cet amour qu’ils ont pour lui.

Conter l’histoire de l’arrière-grand-père qui était un coureur de jupons et qui a eu un grand nombre de maitresses dans sa vie.

Relater celle de l’autre arrière-grand-père qui aimait secrètement les hommes… enfin pas vraiment secrètement puisque tout le monde le savait mais mettait des œillères et n’en parlait surtout pas !

Et tant d’autres…

Parce que lorsqu’on met des mots sur les maux, on permet à l’histoire d’exister, on la remet en mouvement et grâce à ce mouvement, on peut casser les schémas et réécrire l’histoire différemment. En tout cas dans la vision et le vécu intérieur qu’on en a… consciemment ou inconsciemment !

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Pourquoi et comment transformer ses représentations ?

Si on n’a pas la chance que quelqu’un nous raconte tous ces non-dits, on peut explorer avec les états de conscience modifiée (ou élargie comme je préfère les appeler !) pour partir à leur découverte et surtout pour changer ses vécus et ses représentations intérieures.

Parce que cet état de conscience élargie est un espace où la temporalité n’est pas linéaire. Par conséquent, le cerveau ne fait pas la différence entre l’époque où nous avons réellement vécu la situation et l’instant présent où nous sommes en train de revivre le souvenir.

A ce moment-là, le cerveau ne fait pas la différence entre ces 2 instants distincts qui pour lui n’en sont qu’un seul. Tout le travail que nous sommes en train de faire autour du souvenir en le racontant, en exprimant ses ressentis face à cette situation, en exprimant des choses qu’on aurait voulu dire mais qu’on ne s’est pas autorisé, en imaginant la situation différemment… tout ça s’inscrit en même temps dans la réalité.
L’imagerie mentale active le cortex visuel primaire exactement comme le fait la vision. Voilà pourquoi l’imagination est perçue comme « réelle ».

Pour étayer mes propos, on peut parler de la notion de « modèles internes opérants » tirée de la théorie de l’attachement où Bowlby comparait ces modèles internes à des schèmes cognitifs, c’est-à-dire les représentations qu’on se fait de soi, des autres et du monde.

Lorsque quelqu’un met des mots sur notre histoire ou qu’on la raconte nous-même en la revisitant, on modifie la représentation qu’on a de nos vécus grâce à cette mise en lumière et en mots de la vérité. Et ce changement de perception, permet de modifier ses cartes d’orientation internes. Cette modification profonde nous permet à son tour de modifier certains comportements que nous avions jusqu’alors.

Un exemple de pratique vers la résilience

On peut aussi parler de Robert Desoille, à l’origine du rêve éveillé dirigé (qui est un état de conscience modifiée).

Il découvrit qu’en agissant sur le système de représentation, on agit sur la structure même du psychisme, toute représentation étant l’expression d’une réalité psychique.

Ainsi la pratique du rêve éveillé est fondée sur une double constatation :

  • Tout sentiment est transposable en image ou en symbole
  • Tout déplacement des images symboliques dans l’espace imaginaire entraîne une modification de l’affect.

Sur cette base, en rêve éveillé (entre autres ! il existe d’autre pratiques semblables… comme l’art thérapie par exemple), il est proposé à la personne d’aller à la rencontre de ses symboles et de les faire évoluer en stimulant les potentialités inexploitées qui contribueront à la réorganisation de sa personnalité.
Ce travail sur les images intérieures (visualisation mais aussi action) est appelé « imagination ». Or comme nous l’avons vu, le cerveau ne fait pas la différence entre une situation imaginée et une situation concrète.

Un vécu imaginaire a donc autant de poids qu’une expérience dite « réelle » et déclenche les mêmes réactions physiologiques !

« une idée suggérée donne lieu à une représentation ayant pour un instant la force d’une réalité et le sujet éprouve les sentiments et les sensations qu’il éprouverait à l’état normal devant la réalité vécue »

Robert Desoille

Transformer les événements traumatiques en force et mettre des mots sur les maux sont le fondement de la résilience… L’écriture est également un outil très efficace… Mais ce sujet sera pour un autre jour !

Sur le même thème vous pouvez aussi lire les articles « Traumatisme et résilience » ou « Le pouvoir de la musique, un chemin de résilience« 

Avec authenticité.
Pauline

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